ANNEE DE LA MISERICORDE

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Dans quelques jours nous allons entrer dans ce jubilé de la Miséricorde, voulu par le pape François. Et nos coeurs sont remplis d'émotions des attentats du 13 novembre, avec toutes les questions qu'ils posent, et tout ce climat de tension qui règne partout.

Que nos émotions soient fortes est une chose bien naturelle et légitime. Il serait terrible de réagir par je ne sais quel cynisme qui ne se laisserait pas toucher profondément. Et en même temps, il est nécessaire de ne pas en rester là. Il nous faut réfléchir, et permettre à notre raison de reprendre le dessus… Mais comment s'y retrouver, mettre un peu d'ordre dans les sentiments qui nous envahissent, dégoût, tristesse, peur, haine, désir de vengeance, et peut-être resurgissement de souvenirs anciens que tel ou tel a pu vivre d'agression, de situation angoissante ou effrayante…

Les gouvernants ont appelé à l'unité nationale. Soit. Quelles valeurs avons-nous à proposer qui puissent nous unir solidement ? Liberté, égalité, fraternité… Voici une belle devise. Il y aurait tant à dire sur chacune… La dernière, surtout, me parait bien délaissée…

Chrétiens, dans cette société laïque, nous devons être "veilleurs": témoins qu'un sens, mieux, une plénitude est possible autrement. Que nous pouvons donner notre vie, non seulement pour des "valeurs", mais pour quelqu'un, qui Lui, a donné sa vie pour nous. Voilà le sens de l'existence: donner sa vie. Que ce soit pour un conjoint, pour des enfants, pour une cause qui rend le monde plus juste, plus fraternel. C'est le but ultime de tout être humain. Faute de se donner, un homme, une femme, un jeune, finira par le désespoir… jusqu'à la folie meutrière du djihad !

Chrétiens, disciples de Celui qui donné sa vie "pour le pardon des multitudes", nous voulons entrer dans ce jubilé de la miséricorde, en nous laissant d'abord visiter au plus intime, par cette miséricorde, qui nous est donnée gratuitement. En la partageant aussi autour de nous, dans cette fête de Noël, non seulement à ceux qui nous sont proches, mais aussi aux "étrangers", à tous les sens du terme.

Ces évènements nous priveront du Marché de Noël de Lucé, mais ne nous empêcherons pas de jubiler vraiment en celui qui est nommé: le Prince de la Paix.

Pascal Desquilbet, CCN.